mardi 22 juillet 2014

Cette belle idée du Clarté, Ambition, Courage



J’ai eu l’idée d’écrire ce texte suite à une réunion du mouvement en septembre dernier, puis je l’ai rédigé en février 2014. Je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas publié plus tôt. 
Le titre est une reprise du titre du livre de Ségolène Royal : « Cette belle idée du Courage ».
Bonne lecture.

Mon nom est Zineb Benhdech. J’ai 19 ans et je suis étudiante en médecine.
Ce qui va suivre est une partie de mon histoire, non pas pour vous ennuyer ni pour vous raconter ma vie, mais je souhaiterais décrire comment je suis arrivée au mouvement Clarté Ambition Courage.
Je suis née, j’ai grandi et j’ai appris à rouler le « r » à Fès, entre les manières et l’éducation de ma mère et des siens et les valeurs que m’inspirait mon père. 
Alors que je n’étais pas à l’école primaire, je m’étais déjà familiarisée avec les discussions et les débats politiques, les chaines tel Histoire ou LCP -que je n’appréciais nullement je dois dire-.
Là que j’y pense, j’ai eu des débuts communistes. Je me rappelle, même vaguement, que je ne voyais pas, étant enfant, l’intérêt d’avoir plusieurs sociétés de production d’huiles ou de farine. Une seule, appartenant à l’état, suffit. Au même âge, je ne comprenais pas pourquoi le secteur privé devait exister. Le tout doit être étatique. Et tous les citoyens doivent être fonctionnaires de l’état.
Ne m’en voulez pas, j’étais à la maternelle ou au CP.

Je n’avais pas 8 ans en 2002 lorsque Lionel Jospin n’a pas atteint le second tour des Présidentielles en France. J’avais à peine 8 ans quand l’USFP a remporté des législatives au Maroc, pour voir la direction du gouvernement revenir à un technocrate, pour voir l’Ittihad accepter quand même de participer au gouvernement. 
A l’instant où je parle, je ne sais pas ce qui s’est passé cette année là. Je me rappelle pourtant très bien de la lecture d’un article où Abderrahman el Yousfi s’interrogeait sur le choix porté sur Jettou -j’espère tellement retrouver ce billet-. Je me rappelle aussi des larmes des partisans du PS en France, tous effondrés de leur échec -l’image des larmes de la sœur de Jospin ce soir-là est encore devant mes yeux-. J’ignore quelles ont été mes pensées, mes idées, j’ignore même si je comprenais réellement ce qui se produisait, mais, pour une raison ou pour une autre, et à l’exception de certains événements, je n’ai plus rien suivi de la scène marocaine.  Je ne lisais plus les quelques demi-douzaines de journaux achetés quotidiennement par mon père, je ne l’accompagnais plus -ou presque- à certaines rencontres, ni même au défilé du 1er mai.
Je m'intéressais cependant énormément à l'histoire du Maroc; Amazighs, arrivée des Arabes, royaumes, protectorat, années de Plomb... ainsi qu'au passé des grands Hommes de la nation, notamment les visages de la Gauche. Et le soir, il m'arrivait de rêver de feux Abderrahim Bouabid et El Mehdi Benbarka répéter devant moi leurs discours que je lisais avant de dormir. 
Je me concentrais également sur le PS français, sur la reconstruction du parti, les déplacements de François Hollande, la préparation de Ségolène Royal aux Présidentielles…
En 2007 donc, deux nouvelles déceptions, deux énormes chutes ; celle de la grande dame socialiste ; Ségolène Royal -qui m’importait plus que tout son parti en cette période il faut dire - et l'autre de la grande union socialiste des forces populaires de l’autre côté de la Méditerranée. 
Retour aux sources, je redécouvrais le paysage politique marocain, les nouveaux visages, les nouveaux partis, les textes, les lois, étant cette fois-ci mieux préparée pour comprendre.
Je redécouvrais mon Maroc. Je découvrais que le Maroc et le Marocain ne croient pas beaucoup en la liberté, l’égalité et la fraternité (je n’ai jamais souhaité que mon Maroc ressemble à la France, mais j’estime que ces valeurs sont universelles). Je découvrais comment marchent la direction marocaine, l’école marocaine, l’hôpital marocain. Je découvrais qu’on ne séparait pas le religieux du politique. Je découvrais qu’on arrêtait des journalistes pour des articles ou des caricatures. Je découvrais qu'on ne respectait pas toujours une personne qui est de ville, d'origine ou de foi différente. 
Je découvrais parallèlement pourquoi le 1er ministre de 2002 n’avait pas été USFPiste, qu’un responsable dans mon pays ne sera pas forcément jugé s’il commet des infractions, qu’un journaliste n’a pas le droit de tout dire, qu’il n’existe pas de séparation entre le politique et l’intérêt personnel économique, que le plus petit des fonctionnaires abusera s’il en a l’occasion de son autorité, que mon choix en tant que citoyenne même avec la majorité ne mènera pas forcément à grand-chose, comment je ne vis pas dans un pays aussi démocratique que ce que je pensais, qu’il existe pour de vrai des metteurs en scène de la scène politique marocaine, qu’en fin de compte, nous ne sommes pas vraiment « l’exception marocaine ».
 محمود درويش: كم كذبنا حين قلنا: نحن استثناء

Je grandissais et je découvrais aussi qu’on dira du mal de moi si je porte une robe ou un short ou si un ami me tient la main en traversant la route -j’ai la phobie de traverser la route-, que la société dans laquelle je vis peut parfois être aussi paradoxale qu’hypocrite.


Quand j’aurai 18 ans, je ne me contenterai plus d’observer, je ferai de la politique


Mes valeurs sont claires et simples, et je serai là où je pourrai militer pour plus de liberté de croyance et de pratique, plus d’égalité des chances, plus de justice sociale, dans un environnement transparent et fidèle à ses principes.
En 2012, j’ai signé une pétition contre le TGV, sans trop chercher à savoir qui la lançait, puis, en 2013, le 6 juin 2013, j’ai assisté à la première réunion de la section de Fès du mouvement Clarté Ambition Courage, rencontre suite à laquelle je devenais (Clarté Ambition Courage)ienne.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce ce que je crois en un Maroc meilleur.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que ce mouvement représente tout ce que je pense et veux pour mon pays ; un état socio-démocrate, juste, équitable, civil.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je veux pour mes compatriotes un discours et un projet clairs, ambitieux et courageux.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que le parti qui en résultera n’aura pas de bâton magique et le reconnaitra. Ce parti ne promettra pas un taux de croissance de 5% en pleine crise ni la suppression du chômage, ni la réforme du système éducatif sans présenter de projet de société, une vraie stratégie, un vrai plan de route préalablement étudiés.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je veux que les dirigeants de demain soient responsables par-dessus tout ; je ne veux pas d’un premier ministre qui accordera une augmentation de salaires en pleine crise ou promettra aux chômeurs d'être embauchés directement pour répondre à des contestations ni d’un chef de gouvernement qui critiquera et accusera de corrompus les membres d’un parti pour les inviter au gouvernement moins de deux ans plus tard (entre autres)
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que la sacralité de la religion ne doit pas être salie pour des enjeux politiques, et que cela stipule sa séparation de l'état. 
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je ne veux pas qu’on insulte le citoyen marocain et qu’on lui jette de la poudre aux yeux au nom de la religion ou de tout autre point sensible.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je veux que les textes marocains reconnaissent le droit de tout citoyen à la différence.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je veux pour les générations de demain un accès à l’école publique et à un enseignement de qualité, un accès équitable aux hôpitaux marocains et de haute qualité dans les centres hospitaliers universitaires. 
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je veux de vraies réformes de la direction marocaine et un réel contrôle des établissements, des sociétés et des chantiers.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que j’estime que toute personne qui dirige doit être suivie, critiquée et jugée s’il le faut, et que, dans ce sens, la solution pour mon Maroc est une Monarchie parlementaire.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je veux que des enquêtes soient ouvertes quand un ancien ministre sera accusé de corruption et de détournement de fonds, et non pas que ce soit le journaliste qui passe devant le juge. 
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je crois qu’au-delà  de nos origines, de nos convictions religieuses ou politiques, nous sommes marocains parce que nous vivons sur une Terre commune et avons un passé commun.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que le Marocain a toujours été connu par sa générosité, son amabilité et son ouverture d’esprit, et que je trouve qu’il est impératif aujourd’hui qu’il le redevienne. 
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que vivre et sortir en sécurité me manquent cruellement.
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je veux travailler dans un groupe dynamique et convaincu de ne jamais abandonner ses principes quelles que soient les circonstances. 
Je suis à Clarté Ambition Courage parce que je ne vois pas d’autre alternative aujourd’hui pour le Maroc qu’une Gauche responsable, qui respecte ses engagements ainsi que la dignité des citoyens.



Le Maroc n'avancera qu'avec des amoureux de la Terre et de la patrie, qu'avec des politiciens responsables, qu'avec un vrai projet de société. Nous ne pourrons jamais donner à notre Pays tout ce dont il a besoin, mais nous veillerons à le donner avec beaucoup de volonté, de sérieux, de discipline et d'amour.
C'est ce que ce mouvement apportera au Maroc. 




samedi 12 juillet 2014

على هذه الأرض ما يستحق الحياة


Les amis,
Il y a une petite pensée que je souhaiterais partager avec vous.
Je suis entrain de regarder un dessin animé sur Cartoon Network. J'ai toujours adoré les dessins animés même si je n'ai jamais apprécié cette chaîne.
J'ignore le titre de ce que je suis entrain de voir. C'est visiblement bidon, mais cet épisode a changé énormément de choses en moi.
Deux enfants entendent à la télévision qu'un éclipse solaire se produira dans les deux prochains jours. Pour mieux comprendre, ils font des recherches sur internet. En lisant : "autrefois, on pensait que l'éclipse solaire annonçait la fin du monde", ils n’en retiennent que le fait que la fin du monde approche, elle aura même lieu le lendemain.
De leurs pensées d'enfants, leurs idées d'enfants, ils s'inquiètent, crient, pleurent tous leurs projets qui ne verront jamais le jour.
Moins stressés, ils voient devant eux encore toute une journée à vivre, soit 24 heures, 1440 minutes. Ils se trompent de compte et voient devant eux encore 3 milliards de secondes. 3 milliards !
Ils décident alors de faire tout ce qu'ils entreprenaient de faire de leurs vies en une journée.
L'un va acheter à ses frères et sœurs des cadeaux pour approximativement les 70 prochaines années qu'ils étaient censés vivre et mange suffisamment de friandises pour le reste de ses jours. L'autre essaie de découvrir le monde du travail, apprend à faire les courses et visite les universités de la ville.
Et quand ils ne meurent pas finalement après les 24 heures, ils s'ennuient !

Cette histoire est certainement banale, tout comme ce que je vais dire si ça se trouve. Je ne compte guère faire la morale à la Coelho mais je transmets juste mes impressions.
Il est important de mesurer la richesse des heures que nous vivons et la qualité de la vie dont nous jouissons. Ailleurs, on ne sait pas si l'on nous laissera vivre une seconde de plus ou s'il l'on nous le refusera.
J'ai une pensée très particulière à certaines personnes à qui j'ai parlé récemment. Nous avons, sauf objection divine, des milliards de secondes à vivre. Pourquoi ne pas faire en sorte de réaliser tous nos projets sans peur ni haine ?
Profitons de notre vie, elle ne s’arrête jamais à un échec, une trahison, un événement ou une personne. Cherchons toute once d’espoir, puisons notre force et bâtissons nos jours. Le meilleur cadeau que l'on puisse offrir à nous même est de vivre bien, sans rancœur, sans inquiétude.
Pardonnons, oublions, vivons. Ne vivons pas je devrai dire, jouissons de notre vie.
Nous ne sommes obligés de répondre aux exigences ni aux attentes de personne, nous ne sommes pas obligés de rester là où nous ne sommes pas à l’aise ni d’obliger qui que ce soit à rester. Nous assumons la responsabilité de nos actes, jamais des interprétations qu’en font les autres. Ils sont libres de nous aimer ou pas, de nous respecter ou pas, mais nos principes et notre for-intérieur nous guideront toujours vers les meilleures des voies.
Nous n’avons pas toujours le choix, et des scénarios horribles peuvent se produire. Mais dès lors que ce que nous craignons le plus se produit, nous apprenons que ce n’est pas la fin du monde, ce qui change, c’est cette inquiétude qui nous quitte en nous faisant énormément de bien.
Quel que soit le nombre de jour encore devant nous, quels que que soient nos batailles et les combats qui feront nos jours, défaisons-nous de nos craintes et de notre haine.
Respirons, pardonnons, aimons, vivons !

على هذه الأرض ما يستحق الحياة ..