jeudi 13 juin 2013

« Apprendre à un enfant à aimer son pays ... »

J'ai assisté cet après-midi à un spectacle dans l'école de mon petit frère. Des chansons et des poèmes sur le Maroc ont été chantés. De petites voix se sont levées pour dire : "le Maroc est le plus beau pays du monde", ou encore : "je donnerais ma vie pour mon pays".
À mes côtés, des maitresses orgueilleuses et des parents fiers disaient : "c'est une bonne chose. On apprend aux enfants à aimer leur pays".
À ce moment là, je me suis posée une question : "est ce qu'on apprend aux enfants à aimer leur pays en leur apprenant ces mots et chansons?". J'y ai pensé toute la soirée.
Apprendre à un enfant à aimer son pays, c'est lui apprendre le respect de l'autre, quels que soient son âge, sa couleur ou son niveau social et lui inculquer les valeurs de tolérance et de pardon, valeurs qui manquent affreusement à notre société.
Apprendre à un enfant à aimer son pays, c'est lui dire que nous sommes tous égaux. C'est aussi lui apprendre à ne pas jeter des ordures dans la rue, à reprocher innocemment à son père le fait de brûler un feu ou à sa mère le fait de parler méchamment à un mendiant ou à une femme de ménage.
Apprendre à un enfant à aimer son pays, c'est lui expliquer que tout travail doit être fait dans le plus grand sérieux, qu'il faut compter sur soi-même, ne jamais tricher.
Apprendre à un enfant à aimer son pays, c'est lui dire que demain, quand il aura l'âge de traverser tout seul la route, il pourra toujours faire traverser un vieil homme ou demander aux voitures de s'arrêter pour un handicapé.
Apprendre à un enfant à aimer son pays, c'est lui faire connaitre son histoire, lui parler des grands hommes de la nation, des exploits d'Abdelkrim El Khettabi, et non pas en faire un paragraphe de deux lignes dans un cours d'histoire.
Apprendre à un enfant à aimer son pays, c'est lui permettre aujourd'hui et demain d'écrire les pages de sa vie, non pas le gaver de leçons préparées, c'est lui apprendre à critiquer et à se lever contre les injustices.
Apprendre à un enfant à aimer son pays, c'est lui expliquer qu'au delà de son rêve de devenir médecin, professeur, ingénieur ou même pilote, il y a une cause plus sacrée : servir son pays et ses concitoyens.
On n'apprend pas ceci d'un coup, mais il faut commencer à un jeune âge, de façon intelligente et cohérente, en fonction de l'âge notamment et des capacités intellectuelles. Ceci fera des enfants d'aujourd'hui des femmes et des hommes qui aiment leur pays. Une citation d'un grand homme qui se bat pour vivre à l'instant où je parle, Nelson Mandela, me vient à l'esprit : "Education is the most powerful weapon we can use to change the world".
J'estime sincèrement qu'il y a des moyens plus sacrés pour apprendre aux enfants à aimer leur pays autres que des chansons qu'ils oublieront le temps d'un voyage estival.

mardi 9 avril 2013

"La Polémique" Yann Barthès



Le 3 et le 4 avril 2013; le Président français François Hollande est en visite officielle au Maroc, première visite depuis son élection en mai dernier. 
Accueil officiel, plusieurs conventions signées, diner en son honneur à Casablanca, discours prononcé devant le parlement marocain, visite à l'UIR ... Le programme de François Hollande était bien chargé. Et à l'issue de sa visite, une chose est sûre : "Les relations franco-marocaines, historiquement solides, sont intactes en dépit du changement de gouvernements, et leur soutien à la marocanité du Sahara et au plan d'autonomie est réaffirmé".

De tout ceci, certains ne retiennent qu'une chose : "Le numéro du 4 avril du Petit Journal". 
En effet, ce numéro a vu Yann Barthès ironiser sur la visite de FH au Maroc, le protocole de son accueil, puis sur le Prince héritier du Royaume. 
"C'est choquant", disent certains. "Après tout l'accueil que le Maroc lui a réservé, les français se moquent de nous", ajoutent d'autres. Des excuses publiques ont été demandées à Yann Barthès. Une pétition a même été lancée pour boycotter Canal+. 

Un débat, une polémique, un brouhaha -le moins que l'on puisse dire- banals. 

J'ai lu la lettre de Mehdi Benkirane (en voici le lien pour les intéressés https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151551751034015&set=a.44205689014.53108.689344014&type=1) qui déplore cette analyse de la visite de FH. 
Yann Barthès n'a pas analysé la visite présidentielle Monsieur, Barthès ne fait pas d'analyses politiques Monsieur,  il fait de la dérision Monsieur, c'est le but de son émission. 
En outre, Yann Barthès n'a pas menti, il n'a rien ajouté ni falsifié, tout ce qu'il a présenté a bien eu lieu, et si les gens sont choqués, croyez-moi, ce n'est pas à Yann Barthès qu'il faut en vouloir. 
En plus des insultes calomnieuses auxquelles Yann Barthès a eu droit, ces plumes marocaines qui parlent au nom du Peuple. Un Peuple vaut plus que cela, le Peuple est affecté par bien plus que cela, épargnez-nous donc vos analyses, vos critiques et vos jeux d'avocats.
 Il y a quelque chose qu'on appelle "la liberté d'expression", une valeur sacrée dont nous n'avons malheureusement pas la chance de faire usage comme bon nous semble. Hier vous avez défendu l'égyptien Bassem Youssef, et vous insultez aujourd'hui Yann Barthès. Soyez un peu cohérents avec vous-même, et laissez les gens s'exprimer à leur aise. 
Autre chose, épargnez-vous, épargnez-nous ce ridicule; la pétition n'est d'aucun intérêt, Canal+ a abandonné depuis plusieurs années le marché marocain. 
Quant à moi, je réaffirme de la manière la plus ferme mon soutien à canal+, à Yann Barthès et à son émission. 

Et que vive la liberté d'expression !


jeudi 21 mars 2013

Letter to the Spring

Dear Spring,
I love it when it rains, I love it when it is cold. I love winter. But the winter hasn't been nice to me this year. The winter promised to be kind and gentle, to make me happy just like the fall did, but the winter lied to me. The winter hurt me. The winter made me feel bad.
And I'm tired. Tired of my fake smiles and their hypocrite faces. Tired of waking up every morning in a bad mood, knowing it won't change, knowing it won't be fine, living without understanding what is going on around me.
For all those reasons, I kindly ask you, dear Spring, to make me feel better. I ask you to undo this feeling. I ask you to bring back my childish smiles, my sweet dreams and my crazy ideas. I ask you to bring back the joy to my life.
I don't know how this can ever be possible. And even if I cannot trust anybody anymore, I still believe in you. Please find a way.
Sincerely,
La petite Zineb

mercredi 6 mars 2013

Printemps Arabe et Islamisme : Et Chokri Belaïd ? (version article)

Printemps arabe, dit-on.
La série de manifestations en Tunisie après l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi  a mené à la chute du système de Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans. Puis, en raison des mêmes manifestations, d'autres chefs d'états arabes ont quitté le pouvoir. 
Espoir, instauration de démocratie, liberté d'expression, création de partis politiques par centaines; on ne pouvait être qu'optimistes. Vinrent alors l'élaboration de nouvelles constitutions puis les élections; en Tunisie,  Annahda, parti islamiste, a remporté plus de 40% des sièges. Il ne faut pas l’oublier, Annahada a eu 9 des 18 sièges des circonscriptions de l’étranger, en d’autres mots, même les tunisiens vivant dans les grandes démocraties du monde (France, Allemagne, Amérique…) ont choisi pour leurs compatriotes un régime islamiste.

La tendance islamiste a été la même dans d'autres pays voisins; le  «printemps arabe », devenu « printemps à barbe » selon certains.

Ces régimes n'ont pas échappé à plusieurs critiques; les accusant de régression sociale ou encore d'étouffer les voix libres de changement.
Puis, le 6 février 2013, Chokri Belaïd, leader du parti Mouvement des patriotes démocrates et avocat en Tunisie est assassiné par balles.
Feu Chokri Belaïd est une vraie définition d’un homme digne de gauche. Grand militant pour les droits de l’homme, pour les valeurs de démocratie, avocat de profession, tribun par excellence, défendant ses principes et ses idées avec ferveur, courage, pacifiquement. Dans ses discours et débats, il a toujours critiqué et vitupéré contre le gouvernement majoritairement islamiste, les tenant responsables d’un climat de violence dans le pays. 

Opposition de luxe ? Non, militantisme irrévocable.

Parce que, pour ces salafistes qui ne présentent aucun programme, qui lancent des propos insensés, incultes et inconscients qu'ils sont, ne trouvent pas de meilleur moyen pour contrer des opposants intellectuels que de les tuer. 
Inscrit depuis plusieurs mois à la tête d’une « liste des gens à éliminer », il recevait des menaces depuis plusieurs semaines. Certaines de ces menaces se faisaient en public, sans que les autorités, ni les responsables ne lui assurent une protection. Son meeting du samedi 2 février dernier a même été attaqué par des salafistes, bien qu'il ait eu lieu dans une maison de culture située à quelques dizaines de mètres d'un poste de police. Pire, rien n'a été fait contre ces extrémistes, ces ignorants, ces incultes, ces barbares barbus..., -apparemment- précieusement couverts par des leaders d'Annahda.

Les mots nous manquent. Parce que ce n’est pas la dictature de Ben Ali qui a tué Belaïd, mais la démocratie d’Annahda. 

Une grande perte pour la gauche tunisienne, pour la Tunisie, et pour tout le Maghreb, parce que des hommes politiques, des intellectuels de cette taille manquent aujourd'hui plus que jamais à nos pays. 

Des dizaines de centaines de milliers ont  accompagné feu Chokri Belaïd à sa dernière demeure, tout un peuple qui pleure la mort d’un grand homme parti en héros. Des sources officielles parlent d’un million 400 mille participants aux funérailles, qui n’ont pas échappé, même en ce jour de deuil, aux soins des forces de l’ordre.










Les islamistes : pourquoi ?

La conclusion se fera avec une question intrigante : pourquoi des peuples, qui ont longtemps été réprimés, qui ont fait des révolutions sanglantes en vue de voir instaurées dans leurs pays une vraie démocratie et une liberté d'expression, élisent des gouvernements qui n'y croient pas forcément ? Bien difficile de comprendre comment des fins politiques pourtant claires, enveloppées dans un discours religieux bien tissé, arrivent à pénétrer dans les esprits. Ceci est d'autant plus incompréhensible pour le cas de la Tunisie, majoritairement laïque sous l'ère Ben Ali, où les tunisiens étaient très ouverts d'esprit et jouissaient de beaucoup de liberté, en dehors de la liberté d'expression peut-être. 
La réponse ne date peut-être pas d'hier. Commençons par évoquer l'une des raisons les plus évidentes : le côté religieux a toujours été un point faible dans les sociétés musulmanes. Arriver au pouvoir a donc été plus facile en insistant sur la religion, en intégrant des versés de Dieu dans leurs discours. 
Un facteur très important joue en cette faveur : l'ignorance. Des gens qui n'ont eu aucune scolarisation, aucun enseignement, aucune méthode d'analyse. Mais le domaine de l'ignorance est bien plus large. Parce que nos programmes ne laissent pas de place au débat, à l'échange, à l'analyse. On ne fait qu'accepter, qu'avaler. 
Une autre raison parait tout aussi logique : les chaines télévisées de l'Orient s'invitant dans nos maisons, ces programmes qui présentent l'Occident comme étant un danger, un ennemi, un profiteur, qui cherche à anéantir notre culture pour que "le monde arabo-musulman ne retrouve jamais son passé glorieux". Ainsi, et pour combattre ce danger, réfutons le modernisme, la démocratie, la liberté ...

La conjonction de ces facteurs ajoutés à d’autres non moins importants ont amené à un repli sur soi, à chercher un refuge dans un passé nébuleux et se forger une identité illusoire, et au final, à l'expansion de l’islamisme et son corollaire le salafisme.

{Photos prises du site de Paris Match et de la page facebook : association des libres penseurs de la Tunisie.}

samedi 9 février 2013

Printemps Arabe et Islamisme : et Chokri Belaïd ?

  Bien que je sois bien loin de ce qui se passe en Tunisie, j’ai toujours suivi de prêt les événements dans ce pays, d’autant plus que, grâce aux échanges avec des amis tunisiens, j’ai l’occasion de percevoir les choses plus profondément qu’en lisant, regardant ou écoutant ce que proposent les médias. Je me permets donc de commenter en toute liberté et responsabilité.

Commençons par une récapitulation :
-        - 17 décembre 2010 : immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, jeune marchand de rue à Sidi Bouzid protestant ainsi contre la saisie de sa marchandise par les autorités, ce qui déclenche une série de manifestations en Tunisie.
-       - 14 janvier 2011 : Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans quitte le pays.
-     
-            - 11 février 2011 : Housni Moubarak, à la tête de l’Egypte  depuis 1981 quitte le pouvoir lui aussi suite aux manifestations populaires massives contre son régime.
-       - 12 février 2011 : manifestation lancée par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) vite dispersée et réprimée par le régime Bouteflika.
      - 20 février     2011 : première manifestation de la jeunesse marocaine contre la corruption, pour des réformes constitutionnelles.
-            - 15 mars 2011 : les manifestations commencent en Syrie contre le régime Al Assad, manifestations qui n’ont toujours pas pris fin, révolution qui ne voit toujours pas le bout du tunnel en raison de la position géopolitique du pays et du soutien souvent incontestable de la Russie et de la Chine au régime.
-            - 20 octobre 2011 : Mouammar Kadhafi, tyran historique de la Libye est tué après plusieurs mois de contestation populaire et de guerre civile ainsi que l’intervention des forces de l’OTAN.
-            - 23 novembre 2011 : Abdallah Saleh, 32 de pouvoir, signe le plan de sortie de crise prévoyant ainsi son départ du Yémen.

Il y a eu aussi :
-           -   14 novembre 2011 : Montée au pouvoir des islamistes ; parti Annahda, en Tunisie avec plus de 40% des sièges. Il ne faut pas l’oublier, Annahada a eu 9 des 18 sièges des circonscriptions de l’étranger, en d’autres mots, même les tunisiens vivant dans les grandes démocraties du monde (France, Allemagne, Amérique…) ont choisi pour leurs compatriotes un régime islamiste.
-            - 24 novembre 2011 : élections législatives au Maroc, remportées par le PJD. Benkirane élu chef du gouvernement.
-            - 24 juin 2012 : Mohamed Morsi, frère musulman, est élu président de l’Egypte.
-        Seuls les Libyens choisiront un régime autre que l’islamiste et échapperont  à la « nouvelle règle ».
1ère conclusion : tendance islamiste dans les arabes après le  « printemps arabe », devenu « printemps à barbe » selon certains.

Ensuite :
-            - 24 novembre 2012 : manifestations contre Morsi  pour dénoncer un décret qui accorde de nouvelles prérogatives au président Mohamed Morsi, accusé par l'opposition de confisquer les acquis de la révolution de 2011. Manifestations vite devenues violentes et sanglantes et qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui.
-          -  6 février 2013 : Chokri Belaïd, leader du parti Mouvement des patriotes démocrates et avocat est assassiné par balles.
Feu Chokri Belaïd est une vraie définition d’un homme digne de gauche. Grand militant pour les droits de l’homme, pour les valeurs laïques, avocat de profession, tribun par excellence, défendant ses principes et ses idées avec ferveur, courage, pacifiquement. Dans ses discours et débats, il a toujours critiqué et vitupéré contre le gouvernement majoritairement islamiste, les tenant responsables d’un climat de violence dans le pays. 

Opposition de luxe ? Non, militantisme irrévocable.

Ses propos parlent de lui. 



Parce que, pour ces salafistes qui ne présentent aucun programme, qui lancent des propos insensés, incultes et inconscients qu'ils sont, ne trouvent pas de meilleur moyen pour contrer des opposants intellectuels que de les tuer. 
Inscrit depuis plusieurs mois à la tête d’une « liste des gens à éliminer », il recevait des menaces depuis plusieurs semaines. Certaines de ces menaces se faisaient en public, sans que les autorités, ni les responsables ne lui assurent une protection. Son meeting du samedi 2 février dernier a même été attaqué par des salafistes, bien qu'il ait eu lieu dans une maison de culture située à quelques dizaines de mètres d'un poste de police. Pire, rien n'a été fait contre ces extrémistes, ces ignorants, ces incultes, ces barbares barbus..., -apparemment- précieusement couverts par des leaders d'Annahda.

Les mots me manquent. Parce que ce n’est pas la dictature de Ben Ali qui a tué Belaïd, mais la démocratie d’Annahda. 

Une grande perte pour la gauche tunisienne, pour la Tunisie, et pour tout le Maghreb, parce que des hommes politiques, des intellectuels de cette taille manquent aujourd'hui plus que jamais à la Gauche, et la Gauche nous manque aujourd'hui plus que jamais .

Des dizaines de centaines de milliers ont  accompagné feu Chokri Belaïd à sa dernière demeure, tout un peuple qui pleure la mort d’un grand homme parti en héros. Des sources officielles parlent d’un millions 400 mille participants aux funérailles, qui n’ont pas échappé, même en ce jour de deuil, aux soins des forces de l’ordre.













Son épouse, chapeau bas à cette  grande dame forte et digne, qui mérite tous les éloges,
Et Son compagnon de toujours Hamma Hammani promettent de mener le combat qui a été le sien depuis nombre d’années.

Sa fille ainée, qui dort orpheline depuis trois nuits, qui porte déjà les convictions de son père, qui a le même regard que lui, fera certainement la fierté de ses parents !








Les islamistes : pourquoi ?

Je conclurai avec une question qui m'intrigue depuis une bonne quinzaine de mois : pourquoi des peuples, qui ont longtemps été réprimés, qui ont fait des révolutions sanglantes en vue de voir instaurées dans leurs pays une vraie démocratie et une liberté d'expression, élisent des gouvernements islamistes ? J'ai toujours défendu les valeurs laïques, certes, mais laissons ceci de côté, il m'est difficile de comprendre comment des fins politiques pourtant claires, enveloppées dans un discours religieux bien tissé, arrivent à pénétrer dans les esprits ? Ceci est d'autant plus incompréhensible pour le cas de la Tunisie, majoritairement laïque sous l'ère Ben Ali, où les tunisiens étaient très ouverts d'esprit et jouissaient de beaucoup de liberté, en dehors de la liberté d'expression peut-être. 
La réponse ne date peut-être pas d'hier. Je commencerai par évoquer l'une des raisons les plus évidentes : le côté religieux a toujours été un point faible dans les sociétés musulmanes. Arriver au pouvoir a donc été plus facile en insistant sur la religion, en intégrant des versés de Dieu dans leurs discours.
Un facteur très important joue en cette faveur : l'ignorance. Des gens qui n'ont eu aucune scolarisation, aucun enseignement, aucune méthode d'analyse. Mais le domaine de l'ignorance est bien plus large. Parce que nos programmes ne laissent pas de place au débat, à l'échange, à l'analyse. On ne fait qu'accepter, qu'avaler. 
Une autre raison me parait tout aussi logique : les chaines télévisées de l'Orient s'invitant dans nos maisons, ces programmes qui présentent l'Occident comme étant un danger, un ennemi, un profiteur, qui cherche à anéantir notre culture pour que "le monde arabo-musulman ne retrouve jamais son passé glorieux". Ainsi, et pour combattre ce danger, réfutons le modernisme, la démocratie, la liberté ...

La conjonction de ces facteurs ajoutés à d’autres non moins importants ont amené à un repli sur soi, à chercher un refuge dans un passé nébuleux et se forger une identité illusoire, et au final, à l'expansion de l’islamisme et son corollaire le salafisme.

{Photos prises du site de Paris Match et de la page facebook : association des libres penseurs de la Tunisie.}