Ces dernières années furent très difficiles pour les
supporters du MAS. Après une chute en 2ème division, même les plus optimistes
pensaient que le MAS ne s'en remettrait pas. Alors que tous les espoirs se
brisaient, alors que les spécialistes envisageaient les pires scénarios pour le
club Fassi, une équipe de jeunes se formait, des jeunes qui ont affronté
maintes contraintes, nombre de découragements pour remonter en 1ère division et
arriver à deux finales de suite de la coupe du trône, lançant ainsi un message
aux autres équipes marocaines et a tous ceux qui doutaient de leurs compétences
: les tigres rugissent de nouveau.
Ainsi, l'année 2011 s'annonçait fructueuse. Le 4 décembre, le mas remporta la coupe de la CAF, pour célébrer deux semaines plus tard une importante victoire lors de la finale la coupe du Trône, offrant ainsi une immense joie et un magnifique doublé a tous ses supporters.
Ainsi, l'année 2011 s'annonçait fructueuse. Le 4 décembre, le mas remporta la coupe de la CAF, pour célébrer deux semaines plus tard une importante victoire lors de la finale la coupe du Trône, offrant ainsi une immense joie et un magnifique doublé a tous ses supporters.
Je ne peux dépeindre ce que j'ai ressenti à l'issu de ces deux matchs, et je me devais de faire quelque chose de plus que de fêter. Ainsi, après l'insistance de quelques amis, j'ai pensé à rédiger cet article et à inviter Anas Zniti à répondre à mes questions. Ce fut un plaisir de l'interviewer, je le remercie en cette occasion pour sa patience et sa sympathie.
Commencez d’abord par nous parler un peu de votre enfance.
Voilà, je suis né le 28 aout à Fès, je joue au Mas depuis l’âge
de 5 ans, j’ai d’ailleurs joué dans toutes ses catégories. J’ai été approché
par des équipes comme le Raja, le Havre ou le Deportivo La Corogne quand j’avais
8-10 ans, mais bon…
Si vous n’aviez pas été joueur de football, vous seriez
quoi ?
Je joue au foot depuis l’âge de 3 ans, mon père était joueur
de Rugby à et je l’accompagnais souvent à ses entrainements. Franchement, je
suis issu d’une famille sportive et, dès
mon jeune âge, je ne me voyais pas faire autre chose en dehors d'une carrière footballistique.
Qu’aimez-vous faire en dehors du foot ?
(Rires) Pas grand
chose. Il y a quelques années, j’ai pris des cours d’Allemand. Étant
plus jeune, n’ayant pas la possibilité de coordonner entre mes études et ma
passion pour le foot, j’ai du quitter le lycée quand j’étais en 5ème (Tronc commun). Là, j’ai tout laissé tomber
pour le foot, il faut que je continue. Et quand j’aurai fini ma carrière, il est
possible que je pense à me former autrement.
Comment avez vous vécu ces derniers jours après votre énorme sacre ? Vous
attendiez vous à un tel succès ?
Il faut dire qu'il nous fallait impérativement remporter la coupe de la CAF. On a tellement souffert lors des voyages en Afrique; faire plusieurs escales, dormir dans les aéroports, se loger dans de mauvais hôtels, souvent mal nourris ... Rien ne pouvait nous faire oublier cela en dehors de la coupe. Franchement, si on n'avait pas remporte cette coupe, quelque chose de grave se serait produite, non seulement à moi, mais à toute l'équipe. Il fallait d'abord compenser le but encaissé lors du match aller, chose sur laquelle j'ai beaucoup insisté. Et c'est par la suite que mon travail a commencé.
Ensuite on a joué la finale de la coupe du Trône. Je ne sous-estime pas le CODM, mais c'était faisable. On était en bonnes conditions et on y croyait.
Quand tu te fixes des objectifs, quand tu travailles dur pour réaliser tes rêves, tu finis toujours par avoir ce que tu veux !
Il faut dire qu'il nous fallait impérativement remporter la coupe de la CAF. On a tellement souffert lors des voyages en Afrique; faire plusieurs escales, dormir dans les aéroports, se loger dans de mauvais hôtels, souvent mal nourris ... Rien ne pouvait nous faire oublier cela en dehors de la coupe. Franchement, si on n'avait pas remporte cette coupe, quelque chose de grave se serait produite, non seulement à moi, mais à toute l'équipe. Il fallait d'abord compenser le but encaissé lors du match aller, chose sur laquelle j'ai beaucoup insisté. Et c'est par la suite que mon travail a commencé.
Ensuite on a joué la finale de la coupe du Trône. Je ne sous-estime pas le CODM, mais c'était faisable. On était en bonnes conditions et on y croyait.
Quand tu te fixes des objectifs, quand tu travailles dur pour réaliser tes rêves, tu finis toujours par avoir ce que tu veux !
Sinon, quels sont les objectifs que vous vous fixez dans
les mois à venir ?
Le plus important maintenant est de continuer à travailler
pour garder ce niveau là, voire progresser. Il ne faut pas laisser croire que
tout ce que j'ai fait jusqu'à présent n'était qu'un coup de chance. Je rêve
aussi de devenir professionnel, c'est le rêve de tout gardien de but et j'y
tiens.
Le plus important cette saison est de viser un bon classement pour participer la Ligue des Champions ou à la coupe de la CAF. On y a déjà participé et ce serait malheureux de ne pas s’y qualifier et décevoir notre public.
Le plus important cette saison est de viser un bon classement pour participer la Ligue des Champions ou à la coupe de la CAF. On y a déjà participé et ce serait malheureux de ne pas s’y qualifier et décevoir notre public.
Dans quelques
semaines, nous jouerons la Super Coupe Africaine contre l’Espérance et nous
sommes conscients de ce qui nous y attend, surtout après ce qui s’est passé
contre le WAC. On y pense très sérieusement, ce sera comme une sorte de
revanche.
Et quelles étaient vos impressions à l’issu de la tournée
en bus ?
C’était énorme, je n’ai pas de mots. C’était la 1ère
fois pour moi et je souhaiter en refaire autant que possible. Pour cela, il
faudra gagner !
Avez-vous prévu de faire une tournée dans les jours à
venir après avoir rempoté la coupe du Trône ?
C’est possible. Ce sera difficile parce qu’on fait venir le
bus de Marrakech, mais comme M. Rachid Taoussi n’était pas avec nous lors de la
dernière tournée, on a pensé à la refaire, surtout pour lui.
Y aurait il des informations concernant votre participation auprès de l'équipe nationale a la CAN ?
On en a beaucoup parlé ces derniers temps, mais rien n'est officiel pour l'instant. J'ai été contacte hier par la Fédération Royale Marocaine de Football pour que je leur envoie mon passeport afin d'avoir le Visa pour l'Espagne ou l'équipe nationale sera en concentration, mais ce n'est pas pour autant que ..... Je le répète, rien n'est officiel.
Ce n’est pas évident d’être gardien de but, on pourrait
même dire que vous n’avez pas le droit à l’erreur. Comment faites vous pour
assumer une si grande responsabilité ?
Le public marocain est un public très exigeant et cela met
beaucoup de pression. Quand tu joues un match et que le score est encore au
nul, la pression augmente. Le gardien de buts est en quelque sorte le dernier
défenseur et peut à tout moment commettre une erreur, chose qu’on ne lui
pardonne pas. Mais la tâche devient plus facile quand l’équipe mène au score. Tu
te sens plus à l’aise, tes coéquipiers t’encouragent et te rassurent quoi qu’il
arrive. Tout le mode peut se tromper, et c’est le public qui inquiète le plus.
Je crois que les fautes ne sont pas dues au hasard, le joueur stresse et commet
une erreur parce qu’il a peur de son public, et ça aussi, c’est une erreur.
En parlant de stress, comment faites-vous pour y résister ?
Pour moi, il y a 3 catégories de personnes : Certains
ont le sang froid et ne stressent pas, d’autres ont besoin de beaucoup de
pratique et d’entrainement pour résister à la pression, une 3ème
partie doit stresser, sinon, elle ne sera pas au top. Je fais plutôt partie de la
1ère catégorie ; je suis de nature calme, sereine et confiante.
Lors d’une interview avec Rachid Taoussi, ce dernier a dit
que tout joueur pouvait accepter de perdre en dehors de vous, que pensez-vous
de ses propos ?
J’ai été éduqué ainsi, je n’aime pas perdre, point c’est
tout. De plus, je suis le seul joueur issu de l’école du MAS parmi le onze type
de l’équipe, j’y tiens donc un peu plus que les autres.
Que pensez-vous du public ? Est-ce pour vous une
motivation supplémentaire ou une source de stress ?
La présence du public
est très motivante, ça nous pousse à fournir plus d’efforts pour leur montrer
qu’on mérite leur présence. Mais ce qui nous fait du mal, c’est la présence par
période du public, par match surtout. Je donne l’exemple de la finale de la
CAF, le terrain était plein à craquer, puis quelques jours, plus tard, contre El Jadida, rien ! Ce que je sais moi, c’est que les supporters doivent
toujours être aux côtés de leur équipe, quelles que soient les circonstances,
quel que soit le degré d’importance du match.
Que manque-t-il au professionnalisme au Maroc selon vous ?
On se plaint des pelouses synthétiques, elles sont
dangereuses pour les joueurs. On a quasiment tout, il faut juste régler ce ‘petit’
problème.
L’année dernière, des supporters aussi bien que des
spécialistes et des journalistes ont dit que l’arbitrage a joué en faveur d’autres
équipes pour qu’elles remportent le
championnat. En tant que joueur, pensez-vous cela ?
Certains le pensent, mais tout le monde peut se tromper, y
compris les arbitres. On ne peut pas tout reprocher à l’arbitrage, quand tu
joues bien et que tu marques des buts, l’arbitre ne peut pas te les refuser. L’arbitrage
joue son rôle mais il ne faut pas en faire toute une histoire.
Interview faite le Vendredi 23décembre 2011
